association pour la réduction des populations de sanglier en ardèche pour réduire les dégats et nuisances
Depuis le mois de juillet une centaine de sangliers ont été retrouvés morts dans le département de l’Ardèche. La raison de cette mortalité reste à ce jour inexpliquée. A titre de précaution, la préfecture a interdit la consommation et la commercialisation de la viande des animaux chassés sur les communes concernées. Par ailleurs, la préfecture à demandé à juste titre aux chasseurs de continuer à exercer leur mission de service public de régulation de cette espèce. En effet, le nombre de sangliers découverts morts est négligeable au regard du nombre d’animaux tués à la chasse. Il est donc indispensable de maintenir une pression de chasse importante afin d’empêcher un nouvel accroissement de population et une augmentation des nuisances qui y sont liées : accidents de la routes, dégradation des biens publics et privés, dégâts aux cultures.
Toutefois, une baisse de la pression de chasse est observée sur le secteur. Une association de chasse annonce par voie de presse qu’elle ralentit son activité par crainte de l’impact que pourrait avoir la mortalité sur les effectifs d’animaux. La préfecture confirme dans son communiqué du 21 octobre 2013 que la chasse ne doit pas ralentir « au motif que le phénomène de mortalité observé ferait baisser les effectifs. » et précise que rien ne montre une incidence de la mortalité sur la dynamique des populations.
Cette situation révèle la position réelle de chacun face aux surpopulations de sangliers et les raisons profondes du problème lié à cette espèce.
L’Etat confie aux chasseurs la régulation des espèces de gibiers afin que celles-ci ne représentent pas de nuisances pour les autres acteurs des territoires. Il s’agit d’une mission de service public. En ce qui concerne le sanglier, cette mission passe par la réduction des populations comme le précise le Plan National de Maitrise du Sanglier de 2009.
Sur le secteur concerné par la mortalité on constate que les chasseurs réduisent leurs prélèvements d’animaux par crainte d’une baisse des effectifs. Ces chasseurs n’accomplissent donc pas leur mission de service public et l’Etat n’a aucun moyen de les y contraindre. La chasse est un loisir et il n’est pas possible de contraindre quelqu’un à l’exercer.
De manière plus large, cette situation met en évidence l’incapacité du système législatif et réglementaire actuel à résoudre le problème des nuisances liées aux surpopulations de sangliers. En effet, l’Etat confie au loisir de la chasse la régulation de cette espèce alors que le propre de ce loisir est de jouir des populations de gibier les plus abondantes possibles.
La chasse reste un seul et unique loisir inapte à gérer le problème du sanglier. Une évolution législative et réglementaire s’impose aujourd’hui pour le régler.